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Elgar : Variations Enigma op 36

2025-03-13 184 Dailymotion

L'Orchestre Philharmonique de Radio interprète Variations Enigma op 36 d'Edward Elgar sous la direction de Daniel Harding. Concert enregistré le 27 février 2025 à l'Auditorium de la Maison de la Radio et de la Musique.

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1. L’istesso tempo - « C.A.E. »
2. Allegro - « H.D.S.-P. »
3. Allegretto - « R.B.T. »
4. Allegro di molto - « W.M.B. »
5. Moderato - « R.P.A. »
6. Andantino - « Ysobel »
7. Presto - « Troyte »
8. Allegretto - « W.N. »
9. Moderato - « Nimrod »
10. Intermezzo - « Dorabella »
11. Allegro di molto - « G.R.S. »
12. Andante - « B.G.N. »
13. Moderato - *** - Romanza
14. Finale : Allegro - « E.D.U. »

Imaginons un intérieur anglais en 1899 : Elgar joue au piano lorsqu’une mélodie attire l’oreille de sa femme. Le quadragénaire, alors encore peu connu du milieu musical anglais, improvise et petit à petit germe l’idée d’une série de quatorze variations, dédiées chacune à un proche, autour de ce thème énigme. On reconnait bien ici le principe de description musicale opéré par Camille Saint-Saëns quelques années auparavant dans son célèbre Carnaval des animaux. Dans ces Variations Enigma, on pourra donc reconnaître la propre femme du compositeur d’un tempérament visiblement mélancolique (première variation), un ami acteur qui passait aisément de la voix grave à la voix aiguë (troisième variation), un propriétaire terrien particulièrement nerveux (quatrième variation), une élève altiste à qui Elgar donnait des leçons (sixième variation), un pianiste maladroit (septième variation), un organiste accompagné de son bouledogue (onzième variation), un amour de jeunesse représenté par une citation de Mer calme et heureux voyage de Mendelssohn, et même un autoportrait d’Elgar dans la longue et grandiloquente quatorzième et dernière variation.

Dans cette œuvre, le compositeur anglais participait pleinement de l’évolution du poème symphonique vers une subjectivité exacerbée, à l’instar d’Une vie de héros de Richard Strauss créé en mars de la même année. Deux énigmes demeurent cependant : la célébrité sensationnelle de la neuvième variation Nimrod, censée évoquer le meilleur ami d’Elgar, August J. Jaeger (en allemand Chasseur, Nimrod étant le chasseur mythologique de l’Ancien Testament). Cette grande pièce, où les deux amis débattent de Beethoven, est l’une des pages les plus fortes du post-romantisme anglais et de ce fait jouée très fréquemment lors de funérailles nationales ; elle est également l’Enigma principale, car les Variations Enigma sont, rappelons-le, le contrepoint d’une mélodie 9 fantôme. Les critiques se sont déchaînés pour reconnaitre l’identité de ce thème mystérieux : certains n’ont pas hésité à y voir la réponse d’Elgar à la mélodie du mouvement lent de la Sonate « Pathétique » de Beethoven (utilisée dans Nimrod), d’autres y reconnurent des références à Mozart ou bien à des chansons patriotiques comme Rule, Britannia ! ou God Save the Queen. Mais l’énigme demeure. Conscient que ce thème inconnu était